Doctorat en Architecture par le Projet (CY Cergy Paris Université)
Le LéaV est rattaché à l’École doctorale “Humanités, Création et Patrimoine”, AHSS n°628, CY Cergy Paris Université.

À l’ÉNSA Versailles, le LéaV accueille des doctorants et des doctorantes en Architecture par le projet (école doctorale AHSS 628, CY Cergy Paris Université dans le cadre de l'École Universitaire de Recherche Humanités, Création et Patrimoine).
Le doctorat s’effectue sous le contrôle et la responsabilité d’un directeur ou d’une directrice de thèse qui est un enseignant-chercheur ou un chercheur habilité à diriger des recherches.
Le « doctorat en architecture par le projet » vise à mobiliser des outils de conception pour développer et explorer une hypothèse, en interaction permanente avec le travail d’écriture. En effet, certaines questions de recherche ne peuvent être abordées ou résolues que par le projet.
Le terme « projet » doit être compris dans son sens le plus large : il s’agit d'une démarche conceptuelle, analytique et prospective, qui s’inscrit dans les champs de l’architecture, de l’urbanisme ou de l’aménagement du territoire. L’expérimentation, la démarche créative et les croisements des disciplines sont au cœur de la « recherche par le projet », impliquant un équilibre avec la dimension réflexive et théorique.
Comme dans toute thèse, il s’agit de définir une problématique, de constituer un état de l’art, de déterminer une méthode et de sélectionner un corpus. Ce dernier doit dépasser le cadre de sa propre production — qu’elle relève de la pratique ou de l’enseignement — car le critère de scientificité repose sur la mise en perspective, la distanciation critique et l’interprétation contradictoire. L’enjeu n’est pas la réalisation d’une œuvre personnelle ou autotélique envisagée comme finalité, mais, lorsque le corpus inclut sa propre production, la mise à l’épreuve de celle-ci par son articulation à d’autres corpus, recherches, théories et projets, tant contemporains qu’historiques, de manière à permettre une montée en généralité. Le projet vise avant tout à contribuer à l’exploration d’une hypothèse de recherche au moyen des outils de conception. L’objectif est la production de connaissances inédites, susceptibles d’enrichir la communauté des architectes, des chercheurs et, plus largement, l’ensemble des publics intéressés. La recherche peut également exercer une influence sur la pratique et l’exercice du métier.
Ce qu’est — ou pourrait être — le projet est difficile à définir, car il peut prendre des formes très diverses. Il est essentiel que cette ouverture soit préservée, afin de stimuler la pluralité des approches et des explorations et de permettre à chaque doctorant·e de développer sa propre démarche et d’inventer sa manière de le concevoir.
Le format de ces thèses est plus libre, tout comme celui de la soutenance, qui peut prendre la forme d’une exposition, d’une installation, d’une performance, etc. La finalité est de contribuer à l’évolution de la culture architecturale et urbaine face aux grands défis du monde contemporain.
Architecte, artiste peintre, Professeur HDR en ATR/RA à l’École nationale supérieure d’architecture de Versailles, membre du laboratoire de recherche LéaV. Son activité de recherche se développe autour de l’idée de représentation architecturale et paysagère comme outil formatif du projet, selon deux axes de recherche.
Le premier interroge les processus formatifs du projet à travers le concept de « numérique chaud », forme de dessin mixte entre l’esquisse à la main et la modélisation numérique.
Le second axe de travail est celui de la représentation du paysage urbain, qui conduit au développement du concept de « quatrième ville ». La quatrième ville est l’hyper-ville contemporaine, mais lue et représentée à la lumière des paradigmes culturels contemporains, en particulier l’avènement de la production numérique et la nouvelle culture environnementale induite par la conscience de l’anthropocène.
Susanne Stacher est professeure HDR et docteure en architecture et en aménagement du territoire. Chercheuse, critique et architecte, elle a commencé sa carrière dans des agences de renommée internationale avant de se consacrer à la recherche et à l’enseignement à l’École nationale supérieure d’architecture de Versailles, où elle enseigne la théorie et la pratique de la conception architecturale.
Au sein du laboratoire de recherche LéaV, elle dirige l’axe de recherche « Transition(s)-Transformation(s) » ainsi que le séminaire doctoral « Penser la transition par l’expérimentation ». Ses domaines de recherche se situent à la croisée de l’architecture et de l’urbanisme, de la théorie, de l’histoire et de la philosophie.
Son ouvrage le plus récent, Architecture en temps de crise. Stratégies actuelles et historiques pour la conception de « mondes nouveaux », a été publié chez Birkhäuser en 2023. Ses recherches actuelles portent sur les crises contemporaines et sur les récits susceptibles de nourrir la conception de projets esquissant un autre rapport au monde.
Rendre visible. La Représentation de l’architecture et du paysage urbain entre lecture et projet
Gabriele Pierluisi
Dans le cadre du Doctorat par le projet, ce séminaire doctoral vise à explorer une série de thèmes liés à la représentation de l'architecture et du paysage urbain. Ces thèmes nous semblent importants, car ils peuvent déterminer clairement la spécificité du doctorat par le projet.
La représentation architecturale est ici entendue comme le langage spécifique du projet.
Rien ne peut être véritablement interprété comme un projet urbain ou architectural s’il n’est pas représenté. Seule la représentation, par opposition aux autres formes de description de l’espace (mots, vidéo, performances, etc.), possède la précision nécessaire pour faire de l’architecture. Des qualités telles que la géométrie constructive et projective, la figure et la mesure ne peuvent être trouvées que dans l’acte de représentation; la représentation architecturale possède également ces qualités d'abstraction qui la rendent proche de la théorie entre le minimalisme linguistique et l’utopie révolutionnaire.
Le doctorat par le projet associe la parole écrite à la pratique du projet, c’est-à-dire qu’il utilise en parallèle deux formes linguistiques : l’écriture et la représentation. L’intersection de ces deux pratiques linguistiques structure la recherche par le projet. La représentation est donc l’un des deux facteurs de la recherche par le projet.
Le titre du séminaire, qui reprend une phrase célèbre de Paul Klee sur le rôle de l’art, signifie exactement cela, à savoir que par la représentation, nous pouvons faire émerger de la réalité des « régimes de visibilité » nouveaux et différents, qui ouvrent de nouvelles possibilités pour concevoir ou imaginer l’espace. Il nous semble donc essentiel d’organiser un séminaire doctoral qui concerne le projet et ses théories, qu’il soit projet urbain ou d’un bâtiment, à travers le prisme de la représentation, de ses pratiques passées, contemporaines et futures.
Penser la transition par l’expérimentation
Susanne Stacher
Face à la crise climatique, l’architecture, l’urbanisme et l’aménagement du territoire doivent être repensés fondamentalement. La transition écologique exige de prendre le contre-pied d’un ordre jusqu’alors en vigueur. Elle implique de franchir de modes de pensée et d’action afin d’instaurer un autre rapport aux ressources, à considérer comme des biens communs. Cette notion englobe à la fois leur gestion précautionneuse et les potentialités d’un espace partagé. Comment l’architecture et le projet urbain peuvent-ils devenir des leviers d’une stratégie territoriale favorisant la cohabitation du vivant dans une relation écosystémique ?
Cela implique de repenser le lien entre ville et « campagne », les formes de mobilité – qui enchevêtre les dimensions sociale, physique et temporelle —, ainsi que les flux et filières de matériaux, où des différentes temporalités jouent un rôle primordial. À l’échelle architecturale, cette réflexion engage une réflexion approfondie sur les matériaux, leur provenance, leur empreinte carbone et les cycles, sur les usages changeants, mais aussi sur l’esthétique, elle-même appelée à se renouveler.
Le temps devient alors un élément central de la problématique urbaine et architecturale, car il se révèle prééminent dans les transformations écologiques, sociales et politiques en cours.
Liens utiles
Pour contacter le LéaV
leav@versailles.archi.fr
Pour plus d'informations sur le doctorat
nathalie.simonnot@versailles.archi.fr
La plateforme nationale du doctorat
https://doctorat.gouv.fr/
Enseignants-chercheurs HDR à l’ÉNSA Versailles, membres de l’ED AHSS 628
Gabriele Pierluisi, Susanne Stacher.
Inscriptions administratives
L’établissement d’inscription pour le doctorat en « Architecture par le projet » est l’université de Cergy-Paris.
Parallèlement, l’ÉNSA Versailles délivre aux doctorantes et doctorants du LéaV une carte d’étudiant qui leur permet d’accéder aux différents services de l’école (médiathèque, informatique, etc.).
